Allongé sur le Divin

Année de composition
2017
Durée
35 minutes
genre
Instrumental
Effectif
Récitant, ténor, baryton, 2 ensembles et orchestre symphonique

STRUCTURE ET LIVRET

• Prélude pour un Chaos

ACTE I

• Scène 1 – The Yellow Submarine
En son sous-marin, dans le lit des abysses,
Et bien avant que Dieu ne s’éveilla
Tout était foisonnant sans ordre préalable
Chaque être se négociait sa liberté d’être
On aurait pu se croire à Uzeste
Sous les verbes sonnants de l’Estaminet
Où s’enlaçaient les algues vives des utopies.

• Scène 2 – The Divine Yellow Submarine
Subitement, dans un bâillement voluptueux
Dieu émergea par-dessus la brume nocturne
Et mis la main sur la manette agogique
L’ascension du bathyscaphe enclenchée
Les horizons aquatiques furent lentement percés
Il vit le ciel par-dessus l’eau
Le jour céleste sur les ténèbres des profondeurs
Il vit que cela était bon
Ce fut le premier jour.

• Scène 3 – Visible Tangible

Dieu applaudissait ces nouveaux espaces
Mais les cales étaient vides, et cette découverte
Lui rappela un bel appétit, et vint à lui,
L’espoir de goûter à des agapes plus consistantes
Que les sempiternelles épaves de la criée.
L’horizon se cristallisa soudain, et sur son mât,
L’ange-moussaillon vint à cerner une forme opaque
Hurlant de joie, il s’époumona en un cri « terre !…terre ! »
Dieu percevait que cela était bon
Ce fut le deuxième jour.

• Interlude – L’Accostage

• Scène 4 – Minéral Minimal
Evacué par les vagues le navire accosta
Une montagne de sable rose sous l’étoile du désert
Le minéral s’imposait, rugueux aux pieds.
Tout était en ordre, clair, logique, rationnel
Cubique et bien administré, ce roc inerte et figé
Néanmoins heureux d’être un peu au sec,
Dans la clarté chaleureuse du soleil
Dieu pressentait que cela était bon
ce fut le troisième jour.

ACTE II

• Scène 1 – Proliférations Incontrôlées
Que faire des trous d’ozone ouverts sur les lieux ?
Alors Dieu y sema le gazon et des grenouilles
Se hissant hors des flaques de la dernière pluie.
Il fertilisa tout cela d’un énergique engrais
Enfin sous le parasol il s’allongea pour une sieste
Au réveil, il bondit cerné d’une jungle voluptueuse
Le rosier, le figuier, l’amandier, l’olivier
L’épervier, le cerisier, l’éléphant, le goyavier
Le pianiste, le taureau, la bouillabaisse, le Garlaban,
Le boa, l’araignée, le moustique, la coccinelle
Enfin, sans oublier…
Le pommier au milieu du jardin
pour son cidre et son calva
Et Dieu crut que cela était bon
Ce furent les quatrième et cinquième jour.

• Scène 2 – Gestion Digestion
Il convenait de mettre de l’ordre dans tout cela
Et Dieu créa la hiérarchie, les décrets,
les administrations, les synthèses, les affaires culturelles, les critiques, les pianistes, les radars,
Les victoires de la musique, les langues officielles,
Les médailles, les cultes, les énergies renouvelables
Les banques, les politiciens, les non-lieux, la daube, les amis sur facebook, le pastis, l’armagnac…
En toute urgence il fallait répertorier tout cela
Et créer un animal pour gérer de telles choses
Ce ne pouvait être qu’un genre bipède omnivore, L’homme, animal désigné et résigné malgré lui
Et vraiment Dieu crut que cela était bon !!
Ce fut le sixième jour, et le bal du samedi-soir…

• Scène 3 – Le Bal du Samedi Soir

ACTE III

• Scène 1 – La Pomme dans tous ses États
Allongé sur le divin aux milles parfums
Dieu se reposa le lendemain
Dédiant cette journée à sa gloire zoologique
Après l’avoir extrait d’un peu d’argile,
Une mignonne perdue entre un reptile et son époux,
Secouait le pommier aux fruits censurés
Quand Dieu se réveilla
La compote était prête et le cidre débouché.

• Scène 2 – The Divine Mirror
Tout en dégustant les mets, le calva,
L’Homme et la femme virent que Dieu était nu
Pris en flagrant délire, ils s’enfuirent en courant…
L’Homme venait de créer Dieu à son image
Et Dieu vit que cela ne fut guère bon
Ce fut le septième jour

• Scène 3 – Vénézois contre Aixueliens
Les temps étaient sinistres en famille de terriens
Le dos sur le sol nu
Abandonné sans concessions et sans espoir,
Le couple mit au monde l’adversité
Il y eut un vivant provisoire, un mort définitif
Les spéculations se développaient
Les paradis devinrent subitement fiscaux
Aux Zéniths, même les dieux se multipliaient
Hurlant sur les guitares bazookas
Il y eut des millions de vivants transitoires,
il y eut des millions de morts éternels
Ce fut le jour d’après

Dieu s’attrista subitement, et d’un jet d’humeur
Nettoya tout cela d’un jet d’eau
Purifiant du déluge, la création de sa politique
Pour un non lieu de sa politique de création

• Scène 4 – L’Aube du Vin, Crépuscule Divin
Quand les choses furent enfin asséchées
Dans un ultime geste d’espoir
L’homme planta le pied de la vigne
Les raisins sans raison d’un partage non avoué
Il en aspirait les saveurs millésimées
Et revint à l’Estaminet en pays gascon
où fleurissent encore toutes les utopies
loin de Dieu, de l’ivresse perdue au premier jour…

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