Zad MOULTAKA

Compositeur et plasticien libanais né en 1967

 

Anath (2015) | basse et ensemble instrumental (9 musiciens) | 21' | CM

Estompe (2013) | ensemble instrumental (10 musiciens) | 12' | CM

Neb Ankh (2007) | voix et environnement électroacoustique | 10'

Né au Liban en 1967 dans le milieu du théâtre contemporain arabe, Zad Moultaka, compositeur et plasticien, compose et peint depuis l’enfance.

 

Il commence le piano dès l’âge de cinq ans et poursuit ses études au conservatoire de Beyrouth auprès de Madeleine Médawar. En 1984, chassé par la guerre, il s’installe à Paris où il reçoit l’enseignement de Marie-Madeleine Petit, Pierre Sancan, Aldo Ciccolini, Bruno Rigutto, Marie-Françoise Buquet et Christian Ivaldi. Il obtient quelques années plus tard deux premiers prix à l’unanimité (piano et musique de chambre) au CNSMDP de Paris et entame une brillante carrière de soliste.

 

En 1993, Zad Moultaka met pourtant volontairement un terme à ce parcours pianistique pour se consacrer à la composition et à la peinture.

 

À partir de 2003 et de sa rencontre avec Catherine Peillon, s’opère une transformation radicale de son langage. Il est de plus en plus sollicité par le milieu musical (commandes, enregistrements, colloques, masterclass), le succès et l’estime vont grandissant (Festival de Beiteddine et de Baalbek au Liban, Concertgebouw d’Amsterdam, Fondation Royaumont, Festival de Radio France, Biennale de musique de Venise, opéra de Mainz et Stuttgart en Allemagne…). Occasions de mettre en œuvre sa pensée musicale servie par les plus grands interprètes du moment : les solistes — Pablo Márquez, Christophe Desjardins, Alexis Descharmes, Lilli Maijala, Erwan Keravec, Amel Brahim-Djelloul, Fadia Tomb el-Hage, Françoise Kubler, Andreas Fischer…, les ensembles 2e2m, l’Instant donné, Ars nova (Poitiers), C barré, le chœur les éléments, Musicatreize, les Neue VocalSolisten de Stuttgart, le Nouvel Ensemble Moderne de Montréal,… ; les orchestres Orchestre de Pau pays de Béarn, Orchestre symphonique de Mulhouse, Orchestre Philharmonique du Liban.

 

Il fonde l’ensemble Mezwej en 2004 pour explorer les frontières et les frottements entre écriture et oralité, et poursuit ainsi de grandes aventures scéniques et musicales.

 

Les commandes se succèdent et les grandes œuvres comme l’Autre rive, La Passion selon Marie, La Passion d’Adonis, Um… ; les opéras Zajal, Konig Hamed und Sherifa…

Longtemps les projets musicaux ont laissé dans l’ombre les arts visuels. Pourtant en 2011, il est invité à participer à l’exposition Rebirth organisée par Janine Maamari au Beirut Exhibition Center. Ce moment coïncide avec un tournant dans sa vie artistique où l’expression qui prend corps dans des matériaux concrets (textures, pigments, liquides…), le pousse à expérimenter une autre forme de lutte et d’opérer une transmutation de la matière. Ce virage, annoncé par le souci scénographique et la mise en scène d’un opéra et de plusieurs pièces musicales complexes, lui permet de réconcilier en lui-même des tendances profondes, latentes, antagonistes, d’interroger les frontières entre visible et invisible. Chercher ce qu’on ne voit pas, sa corporéité, ses membrures par lesquelles le monde devient visible, la chair d’où naît l’objet …

 

La galerie Janine Rubeiz qui le représente à Beyrouth décide de le représenter et lui consacre en 2013 une exposition monographique Le feu de l’Eau. Ses œuvres sont remarquées au Beyrouth exhibition Center et à la foire internationale d’art de Dubaï.

 

En 2015, Emmanuel Daydé devient le curateur de Come in Terra, un ensemble important d’œuvres inédites exposé au Palazzo Albrizzi de Venise, lors de la Biennale d’art contemporain.

 

À l’automne 2016, de nouvelles œuvres sont montrées à la Fondation de l’Ermitage, à Garches (la série Astres Fruitiers) ainsi que deux installations : l’une à l’Institut du Monde Arabe, à Paris, l’autre le 1er octobre, dans le cadre de l’évènement artistique de grande ampleur à Paris, Nuit Blanche, avec le partenariat de l’Ircam.

 

En 2017, plusieurs grands événements renforcent la position internationale de Zad Moultaka, compositeur fil rouge de l’édition Musica de l’année : participation à Art Dubai aux Emirats arabes, grande exposition à St Pierre-aux-Nonnains à l’Arsenal de Metz, la conception et la réalisation avec « ŠamaŠ » installation sonore et plastique pour le Pavillon libanais, Biennale d’art de Venise , Italie (13 mai -26 novembre 2017)…

 

Zad Moultaka développe de front projets artistiques plastiques et musicaux, jetant des ponts entre ses deux cultures, décloisonnant les genres, guidé toujours par la nécessité et l’urgence artistique propres aux grands créateurs.