WANDERUNG

1998

Basson solo et ensemble vocal de 6 à 12 voix de femmes

LIVRET • sur un poème de Goethe : Wandrers Nachtlied II

DURÉE • 8 minutes

ÉDITEUR •  Durand

COMMANDE • Ministère de la Culture

CRÉATION MONDIALE • le 3 octobre 1998, Collégiale de Candes-Saint-Martin, Festival «Musiques d’Automne en Chinonais»,par Pascal Gallois et Mikrokosmos sous la direction de Loïc Pierre

Une longue et passionnante collaboration avec Pascal Gallois m'a conduit à écrire un nombre important d'oeuvres pour le basson (pièces solistes, pièces de musique de chambre). Les recherches que Pascal Gallois mène depuis plusieurs années concernent les possibilités jusqu'ici peu exploitées de son instrument (sons multiphoniques, trémolos, etc...), mais aussi le timbre et la couleur. Avec lui, le basson s'approche parfois de la voix humaine (et ma pièce Niggun, pour basson solo, utilise l'instrument dans ce registre, quasi vocal). Aussi évoquions-nous, depuis plusieurs années, l' idée d'unir le basson à un petit effectif choral. Le Festival Musique en Chinonais et l'Ensemble Mikrokosmos nous offrent aujourd'hui l'occasion de réaliser ce projet.

 

Le texte que j'ai choisi est un bref poème de Goethe, Wandrers Nachtlied. Il a souvent été mis en musique dans le passé, par Schubert et Schumann, notamment. "Ce qui frappe, écrivait l'un de ses traducteurs, Jean Tardieu, c'est que, dans une langue aussi riche que l'allemand en consonnes très sonores, c'est la mélodie de ses voyelles qui domine, avec une simplicité et une économie de moyens qui en font un chant inspiré, ou plutôt une plainte- mais une plainte tranquille et résignée, où la mort (sans que le mot soit prononcé) est quand même présente. Non pas dans son horreur, mais au contraire comme un fait naturel, une nécessité biologique. Une plante qui se fane et qui tombe..."

 

Philippe Hersant

 

Wandrers Nachtlied

 

Über allen Gipfeln
Ist Ruh,
In allen Wipfeln
Spürest du
Kaum einen Hauch;
Die Vögelein schweigen im Walde.
Warte nur, balde
Ruhest du auch.

 

Johann Wolfgang von Goethe

 

 

Chant nocturne du voyageur

 

Sur toutes les cimes
La paix.
Au faîte des arbres
Tu saisiras
Un souffle à peine.
Au bois se taisent les oiseaux.
Attends! Bientôt
Toi-même aussi
Reposeras.

 

Traduction de Jean Tardieu